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La folie autour des cartes Pokémon expliquée en détail

La folie autour des cartes Pokémon expliquée en détail

Depuis 1996 les cartes Pokémon ne cessent de faire rêver les amateurs de la franchise. Entre 25 et 30 milliards seraient en circulation dans le monde. Plus que de simples cartes à jouer, elles sont aujourd’hui au cœur d’un véritable business.

Pourquoi collectionner des cartes Pokémon redevient-il tendance ?

Ebay a publié en février 2021 un rapport sur le marché des cartes à collectionner. Elles ont vu leurs ventes augmenter de 142% durant l’année 2020. Cette hausse est d’autant plus impressionnante pour Pokémon, puisqu’elle atteint les 574%. Qu’est-ce qui explique cette nouvelle popularité ?

Une passion qui touche les nostalgiques

Si vous avez 30 ans, ou moins, il y a fort à parier que les cartes Pokémon ont rythmé une grande partie de vos récréations durant votre jeunesse. Pour beaucoup de collectionneurs, elles font échos à des souvenirs d’enfance. Ceux qui ont connu la première génération ont désormais la possibilité financière de payer le prix des cartes Pokémon rares et d’acquérir celles qu’ils n’ont pas pu avoir sur les bancs de l’école, non sans une touche de nostalgie.

Du haut de son quart de siècle, Pokémon a également su devenir un véritable phénomène intergénérationnel. Bon nombre d’aficionados ont été repiqués par le virus de la collection au moment de ressortir leurs cartes pour les partager avec leurs enfants et trouver un terrain de jeu commun.

Un phénomène amplifié par le contexte sanitaire

La crise sanitaire due à la Covid-19 semble avoir eu un impact fort sur le regain de popularité des cartes Pokémon. Confinées chez eux, bon nombre de personnes ont retrouvé leur ancienne collection en faisant du rangement, décidant alors de la revendre ou de se remettre à collectionner. Beaucoup de personnes ont ainsi pris conscience du réel prix des cartes Pokémon. Cela a par ailleurs permis au marché de voir l’apparition de nombreux produits en excellente condition, ce qui a contribué à l’explosion du phénomène.

Durant cette période difficile où les distractions se sont faites rares, collectionner des cartes Pokémon s’est également avérée être une véritable bouffée d’air frais. Cela a permis aux gens de se changer les idées et de s’adonner à une nouvelle distraction depuis leur domicile, l’achat et la revente de cartes Pokémon pouvant se faire entièrement par le biais d’internet.

Une médiatisation accrue par les influenceurs

À l’instar de nombreuses personnes, les YouTubers du monde entier sont plusieurs à avoir succombé à la folie des cartes Pokémon depuis le début de la crise sanitaire, ce qui a contribué au succès du phénomène auprès des plus jeunes. Le 3 octobre 2020, Logan Paul, un célèbre vidéaste américain qui compte pas moins de 23,2 millions d’abonnés, a évoqué sa passion pour la franchise. Depuis, il partage régulièrement des vidéos dans lesquelles il réalise des ouvertures de display ou de box. Elles comptent chacune plus de 5 millions de vues.

En France, plusieurs YouTubers se sont également prêtés au jeu. Le phénomène, en grande partie porté par DavidLafargePokémon, et son ex-compagne MissJirachi (NDLR Élodie Nassar), depuis 2013 fait aujourd’hui des émules. Le 25 avril 2021, c’est le YouTuber Michou qui a partagé une vidéo dans laquelle il achète une box pour la somme de 50 000 €.

D’autres personnalités publiques, comme BigFlo ou encore Kev Adams ont également partagé publiquement leur affection pour les cartes à collectionner. Le rappeur Lorenzo a lui empoché plus de 300 000 € en mettant en vente une quinzaine de cartes du set base, de l’édition 1 pour les plus onéreuses.

Suivant la tendance, les amateurs sont également de plus en plus nombreux à s’intéresser au prix des cartes Pokémon et à partager leurs unboxing sur la plateforme, mais également sur Twitch ou encore TikTok, où le hashtag #pokemonunboxing compte 3,7 millions de vues à lui seul.

Cartes Pokémon : un investissement à part entière

Vous l’aurez compris, plus que jamais, les cartes Pokémon sont sous le feu des projecteurs. Elles ne séduisent plus uniquement les amateurs de la franchise : bon nombre d’investisseurs y voient une valeur refuge intéressante.

Il s’agit désormais d’un placement plus rentable que l’or et plus intéressant que certaines cryptomonnaies comme le Bitcoins. Là où le kilo d’or est aujourd’hui vendu 45 000 €, certaines box ont un coût qui avoisine les 90 000 €. Le Bitcoin possède le désavantage de voir son cours fluctuer régulièrement, rendant le placement peu sûr sur le long terme, tandis que le prix des cartes pokémon connaît lui une évolution constante.

Les cartes Pokémon s’échangent maintenant principalement pour leur valeur financière, dans un objectif d’investissement qui se situe loin de la réelle passion pour la franchise portée par les collectionneurs de la première heure.

Quelles en sont les conséquences ?

Folie des cartes Pokémon

Cette nouvelle popularité et cet intérêt spéculatif naissant sont en train de radicalement changer le visage du marché. Le prix des cartes Pokémon et leur disponibilité sont particulièrement impactés.

Un déséquilibre de l’offre et de la demande

Face à l’intérêt porté par les investisseurs pour les cartes Pokémon, la demande ne cesse d’augmenter : elle est 8 fois plus élevée que quelques mois auparavant. Les stocks ont de plus en plus de mal à suivre ce rythme effréné et des ruptures sont régulièrement observées lors des nouvelles sorties. Outre l’impact sur les collectionneurs et sur le prix des cartes Pokémon, la question se pose également des conséquences sur les joueurs, parfois très jeunes, initialement ciblés par la franchise.

Certaines chaînes de magasins, comme la Grande Récré, ont dû prendre des mesures pour faire face au phénomène. L’enseigne, qui évoque une “année record” s’est vu contrainte de limiter les achats à un coffret par personne. Depuis plusieurs mois, elle voit en effet ses stocks être entièrement vendus en 2 semaines, là où ils l’étaient habituellement en 3 mois.

Ce déséquilibre touche également les organismes d’authentification, à l’instar de Professional Cards Authenticator (PCA) en France. L’entreprise peine à suivre le rythme, malgré plusieurs nouvelles embauches. Elle estime aujourd’hui entre 30 000 et 40 000 cartes par mois, contre moins de 1 000 en 2020.

Une hausse sans précédent du prix des cartes Pokémon

Lorsque l’offre devient supérieure à la demande, les prix augmentent inexorablement. Les cartes Pokémon ne font pas exception à la règle. Certains grossistes profitent de cette manne pour augmenter leurs marges, forçant les boutiques à répercuter ce manque à gagner directement sur les tarifs pratiqués en boutique. De nombreux produits ont ainsi vu leur prix augmenter de 5 à 10€.

Le marché de la revente est le plus impacté. Aux enchères, le prix des cartes Pokémon a en moyenne été multiplié par 10 depuis 2018. C’est par exemple le cas de la série “XY Evolutions” qui a été distribuée en très grandes quantités à partir de 2016 et qui a rencontré très peu de popularité à sa sortie. Mises en lumière par plusieurs youtubers, les display coûtent aujourd’hui entre 1000 et 2000€, loin des 150/200 € qu’ils devraient coûter dans un contexte non spéculatif. Le phénomène touche les cartes rares comme plus communes, notamment à cause de la pratique du buy-out, qui consiste à acheter tous les produits disponibles à leur sortie afin de faire grimper les prix des cartes Pokémon à la revente.

Parmi les derniers records qui ont engendré des prix de cartes Pokémon particulièrement élevés, il est possible de citer la carte Dracaufeu, set base édition 1 cotée 9 par PSA, qui s’est vendue 11 904€ en juin 2021 à la maison de vente Ivoire Troyes, alors qu’elle était estimée à 2 500€. Un record a également été battu le 27 février dernier : une carte Dracaufeu de première édition, datée de 1999, authentifiée et vendue dans un étui scellé, a été vendue aux enchères pour la modique somme de 418 000€.

Un terrain fertile pour les scalpers

Plus qu’un simple placement lucratif, les cartes Pokémon sont aujourd’hui au cœur d’une véritable bulle spéculative qui attire les scalpers.

General Mills, le géant américain de l’agroalimentaire est le dernier à en avoir payé les frais. Un partenariat a permis à l’entreprise d’offrir un booster de 14 cartes, dont 6 holographiques, dans chaque boîte de céréales Lucky Charms. Certains spéculateurs ont sauté sur l’occasion pour acheter des boîtes par palettes afin de mettre la main sur les précieuses cartes holographiques, dévalisant les rayons et créant une véritable pénurie, mais également un énorme gâchis alimentaire. On retrouve également de nombreux scalpers en France qui dévalise les boutiques en ligne mais aussi les magasins. Leur but, acheter tous les stocks dès la sortie en boutique afin de créer une rupture et revendre par la suite au double ou triple du prix d’achat.

Bonne ou mauvaise chose pour les collectionneurs Pokémon ?

Autrefois considérés comme des objets de collection de niche, les cartes Pokémon sont aujourd’hui un cœur d’un véritable business lucratif. Le phénomène a radicalement changé le profil des acheteurs, aux dépens des collectionneurs fans de la licence. Un grand désarroi touche ainsi la communauté Pokémon, qui regarde, impuissante, le marché se rapprocher de celui des cartes de sport américaine, où consumérisme et investissement sont les maîtres mots.

Nombreux sont d’ailleurs ceux, pourtant passionnés de la première heure, qui ont arrêté leur collection face au phénomène, tant il devient difficile de faire le poids face aux investisseurs : le prix des cartes Pokémon ne cesse de grimper et devient particulièrement conséquent pour une collection à titre privée sans objectif de spéculation. Il est également de plus en plus difficile de trouver des cartes. Notons également que le marché fait face à une recrudescence de faux. Les faussaires sont de plus en plus nombreux à vouloir profiter de la tendance pour se faire de l’argent sur le dos des amateurs.

Il est alors légitime de se demander quel sera l’impact direct sur l’univers du JCC, qui était autrefois principalement destiné aux (grands) enfants. Cette spéculation ne risque-t-elle pas de dénaturer le marché des cartes Pokémon et d’en retirer tout son charme ? La collection ne se faisant plus pour la beauté des cartes et pour le plaisir de jouer, y a-t-il encore réellement de la place pour la nostalgie et le plaisir ?

Sources :
eBay’s 2021 “State of Trading Cards” Report Spotlights Collecting Trends and Industry Predictions
Entre nostalgie et spéculation, la frénésie Pokémon gagne les jeunes adultes
Vente de cartes Pokémon et de sneakers à des prix fous : à qui profitent ces nouveaux business ?

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